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mardi 28 mai 2019

"Photo de groupe au bord du fleuve" d'Emmanuel Dongala

Pour le rendez-vous de juin du cercle de lecture, ma librairie nous a proposé de lire "Photo de groupe au bord du fleuve" d'Emmanuel Dongala.

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Titre : "Photo de groupe au bord du fleuve"
Auteur : Emmanuel Dongala
Genre : récit, roman historique
Editeur : Actes Sud
Parution : 2012 / 446 pages
ISBN : 978-2330012991


Ce qu'en dit l'éditeur : Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l'attend ne sera pas comme les autres. Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole dans cette négociation. L'enjeu de ce qui devient rapidement une lutte n'est pas seulement l'argent et sa faculté de transformer les rêves en projets - recommencer des études, ouvrir un commerce, prendre soin de sa famille... Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, l'oppression au travail et dans la famille, les "casseuses de cailloux" découvrent la force collective et retrouvent l'espoir. Cette journée ne sera pas comme les autres, c'est sûr, et les suivantes pourraient bien bouleverser leur existence à toutes, à défaut de changer le monde. Par sa description décapante des rapports de pouvoir dans une Afrique contemporaine dénuée de tout exotisme, Photo de groupe au bord du fleuve s'inscrit dans la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus.


Avis : Tout le livre est écrit à la 2ème personne du singulier. Ce fait voulu est parfois étrange, mais le lecteur s'y fait.
Méréana est attachante, on apprend son histoire au fur et à mesure, de même que celles de ses collègues de travail. Il ne fait pas bon d'être femme au Congo... Et il ne faut pas oublier que les traditions sont plus forte que la loi, que le pouvoir est corrompu...
Même si la fin me paraît un peu idéalisée, cette note d'espoir est la bienvenue.

Un livre de réflexion.


mardi 11 septembre 2018

"Silo" de Hugh Howey

Cela fait des années qu'on m'a recommandé "Silo" de Hugh Howey et au moins une qu'il est dans ma pile à lire. Et là, je l'ai enfin pris.

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Titre : "Silo"
Auteur : Hugh Howey
Traducteurs : Yohann Gentric et Laure Manceau
Genre : anticipation 
Editeur : Actes Sud
Parution : 2013 / 557 pages
ISBN : 978-2330024307


Ce qu'en dit l'éditeur : Dans un futur indéterminé, des survivants vivent depuis plusieurs générations dans un immense silo creusé dans la terre, à l'abri d'une atmosphère devenue toxique. Seul un immense écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l'un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ?


Avis : Je suis entrée sans problème dans cet univers vraiment bien décrit. Découvrir cette nouvelle société est tout simplement fabuleux. Voir comment elle s'articule, connaître les personnages qui la composent et ce mystère qui est soulevé.
Les pages ont défilé sans que je m'en rende compte, j'étais totalement happée par l'histoire.
Je le recommande vivement.

Un livre qui permet de s'échapper dans le futur, mais également de réfléchir sur les travers de notre propre société.


mardi 10 juillet 2018

"La société des jeunes pianistes" de Ketil Bjørnstad

Pour le dernier rendez-vous du club de lecture avant les vacances estivales, ma libraire nous a proposé de lire "La société des jeunes pianistes" de Ketil Bjørnstad.

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Titre : "La société des jeunes pianistes"
Auteur : Ketil Bjørnstad
Genre : récit 
Editeur : Le livre de Poche
Parution : 2008 / 443 pages
ISBN : 978-2253121848


Ce qu'en dit l'éditeur : La Société des Jeunes Pianistes, c'est le nom que s'est donné un groupe d'adolescents passionnés, à Oslo, à la fin des années 1960. A la fois amis et rivaux, ils ont en commun l'amour de la musique ; pourtant, un seul remportera le concours du "Jeune Maestro". Tous vont subir une terrible pression de leur entourage, mais surtout d'eux-mêmes.
La Société des Jeunes Pianistes est un roman initiatique, grave et subtil, qui évoque le désir, la vie, la mort.


Avis : Je dois dire que la couverture m'a déjà transportée. Belle, légère. Dès les premières pages, on remarque qu'elle est composée de deux éléments importants au narrateur : la rivière près de chez lui et le piano.
La musique classique occupe une part primordiale du livre. Même si je ne m'y connais pas (les titres ne m'évoque rien), j'aime l'écouter. C'est un tel ravissement. Et j'ai ressenti cela en lisant l'histoire.
J'ai été emballée par l'histoire, reprenant le livre avec envie lorsque je devais interrompre la lecture.

L'âge où les adolescents deviennent des adultes est reporté avec précision. L'avenir s'offre à eux, avec toutes ses possibilités et ils avancent vers l'inconnu.
Aussi bien le personnage principal que ses amis sont décrits avec justesse. C'est un plaisir de les suivre.
Quant à la fin, j'ai envie de dire qu'elle est empreint de nostalgie, de tristesse. J'avais les larmes aux yeux en arrivant au terme de cette histoire.

Un livre sur la musique, sur le passage à la vie adulte.


mardi 30 janvier 2018

"Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver

Comme c'est le premier billet de l'année, je vous souhaite une BONNE ANNÉE 2018, avec de nombreuses lectures.
Durant les réunions du club de lecture, nous donnons les titres des coups de cœur que nous avons rencontrés durant le mois. Plusieurs fois, un livre est ressorti et j'ai eu grande envie de le lire. Il s'agit de "Il faut qu'on parle de Kevin" de Lionel Shriver. Cela fait un moment qu'il était dans ma PAL et durant les vacances de Noël, je l'ai enfin lu.

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Titre : "Il faut qu'on parle de Kevin"
Auteur : Lionel Shriver
Genre : récit 
Editeur : J'ai lu
Parution : 2008 / 608 pages
ISBN : 978-2290003237


Ce qu'en dit l'éditeur : La veille de ses seize ans, Kevin se livre à un massacre sanglant dans son lycée. Détruite par ce drame, Eva, sa mère, entame avec son époux une correspondance poignante pour comprendre cet enfant qui, depuis sa naissance, s'acharne à faire le mal. Des humiliations imposées à sa sœur aux cruautés infligées à ses camarades, elle retrace l'itinéraire meurtrier de son fils.


Avis : Un film a été tiré de ce livre et la couverture présente les visages des deux personnages principaux : Kevin et Eva, sa mère.

Le style de la correspondance est très facile à lire et nous plongeons directement dans les pensées d'Eva. Elle écrit à son mari, le père de Kevin, en commençant par le moment de la conception de Kevin. Ce fils pas entièrement voulu, avec lequel elle n'arrive pas à tisser de liens va chambouler sa vie.
Tout le long, les relations entre les différents membres de la famille sont décrits avec précision et il est très intéressant de les découvrir. L'auteur nous partage également quelques réflexions sur la société américaine ou la société en général.
Le livre termine en apothéose et m'a laissée tendue et épatée par toutes ces descriptions des relations et en particulier celle de Kevin et Eva.

Un livre magistral, au thème noir.


mardi 24 octobre 2017

"Le livre que je ne voulais pas écrire" d'Erwan Lahrer

En cette fin d'année, ma libraire est très active et a organisé la venue de nombreux auteurs, dont Erwan Lahrer pour son dernier ouvrage, "Le livre que je ne voulais pas écrire".

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Titre : "Le livre que je ne voulais pas écrire"
Auteur : Erwan Lahrer
Genre : récit 
Editeur : Quidam Editeur
Parution : 2017 / 268 pages
ISBN : 978-2374910635


Ce qu'en dit l'éditeur : Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain. Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi.


Avis : Erwan Larhrer était dans la fosse du Bataclan le 13 novembre 2015. Le seul écrivain présent.

Il a longtemps hésité avant d'écrire ce livre. Pour savoir comment l'aborder, savoir quel angle prendre. Et il a réussi à créer son objet littéraire.
C'est fabuleux de voir comment il a sublimé cette catastrophe, de voir comment un écrivain traite un fait d'actualité (qui lui est arrivé).

Je vous recommande de le lire pour cela, mais aussi pour son style, très agréable. Pour son humour et pour l'amour qui se dégage de ce livre.
Car oui, même si tout part de la haine de trois personnes, j'ai trouvé que c'est l'amour et la bienveillance qui se dégage de cet objet littéraire.
En refermant le livre, on croit à la vie.

Un livre à lire.


mardi 6 décembre 2016

"Station Eleven" d'Emily St. John Mandel

Chaque année, au moment de la rentrée littéraire, ma libraire organise une soirée où elle nous conseille quelques livres qu'elle et sa collègue ont sélectionnés. Souvent, elles préfèrent nous parler des livres qui ne font pas les gros titres. Dans leur sélection, j'avais repéré "Station Eleven", d'Emily st. John Mandel, paru chez Rivages.

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Titre : "Station Eleven"
Auteur : Emily St. John Mandel
Traducteur : 
Genre : anticipation
Editeur : Rivages
Parution : 2016 / 480 pages
ISBN : 978-2743637552


Ce qu'en dit l'éditeur : Dans un monde où la civilisation s'est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d'acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l'espoir et l'humanité au milieu de la désolation.

Le roman évènement de la rentrée littéraire, finaliste du National Book Award aux Etats-Unis, qui fera date dans l'histoire de la littérature d'anticipation.


Avis : La couverture nous emporte immédiatement dans ce monde post apocalyptique. Cette chaise abandonnée donne un soupçon de mystère.

J'ai apprécié suivre les différents personnages dont nous faisons la connaissance dans un monde tel que le nôtre. Nous les retrouvons (ou pas) plus tard et découvrons ce qu'il est advenu d'eux.
Tous les personnages sont liés entre eux sans le savoir, contrairement au lecteur qui peut savourer cette subtilité.

J'ai beaucoup aimé ce livre d'anticipation. Du coup, je l'ai donné à lire mes garçons. L'un l'a englouti rapidement, le second est justement en train de le dévorer.

Une belle histoire d'anticipation, bien menée, au style fort agréable.


mardi 4 octobre 2016

"Petit pays" de Gaël Faye

Ma libraire nous a fait lire, pour ce deuxième rendez-vous du club de lecture, un livre de la rentrée littéraire "Petit pays" de Gaël Faye, paru chez Grasset.
Cet article participe au thème d'octobre du Dounia-Joy's book club : "un livre qui vous a fait pleurer".


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Titre : "Petit pays"
Auteur : Gaël Faye
Genre : récit
Editeur : Grasset
Parution : 2016 / 224 pages
ISBN : 978-2246857334


Ce qu'en dit l'éditeur : "Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Sil'on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "ça va !". Du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. A esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis.Les gens ne répondaient plus que par "ça va un peu". Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé."
G.F

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son "petit pays", le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.
Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.


Avis : Ce livre m'a tout simplement transportée.
Le narrateur nous raconte son enfance au fond de la paisible impasse. Sa description, son rythme, les images qui naissent de la lecture nous y emmènent et nous vivons avec lui l'innocence de l'enfance qui s'envole.
C'était agréable à lire.
L'Histoire le rattrape et la lecture devient plus poignante. Elle m'a même tiré quelques larmes (alors que j'étais tranquillement en train de lire au café - pas pratique devant tout le monde).

Pourtant, malgré cette terrible histoire, je trouve que le livre se termine sur la note positive de la vie.
 
"J'ai tardé à t'écrire. J'étais trop occupé ces temps-ci à rester un enfant" écrit le narrateur à son cousin mort.
J'ai beaucoup aimé sa découverte des livres grâce à sa voisine grecque. Une belle petite bulle d'évasion. Lorsqu'il voit pour la première fois sa bibliothèque, elle lui répond :
" – [...] Ce sont les grands amours de ma vie. Ils me font rire, pleurer, douter, réfléchir. Ils me permettent de m'échapper. Ils m'ont changée, ont fait de moi une autre personne.
 – Un livre peut nous changer ?
– Bien sûr, un livre peut te changer ! Et même changer ta vie. Comme un coup de foudre. Et on ne peut pas savoir quand la rencontre aura lieu. Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis."


C'est un beau livre, poignant, mais pas noir. Beau comme la vie.


mardi 5 juillet 2016

"Americanah" de Chimamanda Ngozi Adichie

Ce livre m'a été offert pour Noël et j'ai enfin pris le temps de lire "Americanah" de Chimamanda Ngozi Adichie, paru chez Gallimard.

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Titre : "Americanah"
Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie
Traducteur : Anne Damour
Genre : récit
Editeur : Gallimard
Parution : 2015 / 528 pages
ISBN : 978-2070142354


Ce qu'en dit l'éditeur : "En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire."

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique, qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu'on change de continent, lorsque sou­dainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux Etats-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.
A la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d'ombre, Americanah est une magnifique histoire d'amour, de soi d'abord mais également des autres, ou d'un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d'immigrant, et parcourt trois continents d'un pas vif et puissant.


Avis : Le livre m'a tout simplement enchanté. Nous découvrons l'histoire essentiellement du point de vue d'Imefelu et un peu de celui d'Obinze, son amour de jeunesse.
L'arrivée d'Imefelu aux États-Unis est succulente. J'adore la vision qu'elle en a. Je l'aurais bien vu répondre au questionnaire que Silvia et moi avions fourni pour l'élaboration de notre livre "Expat's World View" (livre en Français, recensant la vision que les expats - au sens large - ont de leur pays d'accueil).

A un seul moment, j'ai senti une petite lenteur, mais elle est vite passée et j'ai englouti ce pavé.

En bref, un sujet que j'adore : les particularités culturelles et sociales de pays différents, agrémenté d'une histoire d'amour (mais pour moi, ce n'est pas du tout l'intrigue principale). Le tout raconté sur un ton plaisant, très agréable à lire.


vendredi 5 février 2016

"Les yeux dans les arbres" de Barbara Kingsolver

Voici un nouveau rendez-vous avec le cercle de lecture de ma libraire. Cette fois-ci, nous avons découvert "Les yeux dans les arbres" de Barbara Kingsolver, paru chez Rivages poche.

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 Titre : "Les yeux dans les arbres"
Auteur : Barbara Kingsolver
Traducteur : Guillemette Belleteste
Genre : roman historique
Editeur : Rivages poche
Parution : 2014 / 672 pages
ISBN : 978-2743628864


Ce qu'en dit l'éditeur : "En 1959, Nathan Price et les siens quittent l'Amérique pour le Congo belge. Pasteur baptiste, Price pense évangéliser un peuple qui ne rêve que d'autonomie et de liberté. La révolution éclate, mettant fin à l'illusion. Tour à tour, sa femme et ses quatre filles racontent la ruine tragique de leur famille qui, malgré ses croyances, ne résiste à rien : ni à la détresse, ni aux orages, ni aux tourments de l'Histoire."


Avis : En premier lieu, j'aime le côté décalé de la couverture, les couleurs chaudes qui ne sont pas s'en rappeler celles de l'Afrique.

Dès le début du livre, l'auteur pose le décor. Le lecteur est alors plongé en Afrique et... j'ai adoré. En grande partie parce que cela évoquait une multitude de souvenirs de mon enfance lorsque, à 8 ans, j'ai accompagné mes parents partis vivre au Congo (français - l'actuelle république du Congo). Nous sommes allés dans plusieurs de ces petits villages perdus. Et nous avons même navigué sur le Kouilou !
Cependant, en faisant des recherches, il ne s'agit pas du même Kouilou. Le mien, c'est un fleuve du Congo français (et se jette donc dans la mer) alors que celui du livre est un affluent du fleuve Congo, situé dans le Congo belge (actuelle république démocratique du Congo). Je pense même qu'il y a une erreur de traduction car l'affluent du fleuve Congo s'écrit plutôt Kwilu.
D'autres souvenirs ont resurgi : lors de la fête d'arrivée, j'attendais de découvrir comment ils allaient réagir en mangeant le pili-pili car je sais que cela arrache la bouche. La langue congolaise la plus parlée où j'habitais était le munukutuba, une sorte de kikongo simplifié (langue parlée dans le livre). J'ai encore en mémoire le mbote (bonjour) ou le mondele (le blanc).

J'ai donc adoré me plonger dans l'Afrique, mais également suivre cette famille qui s'y installe. Lire leur évolution, leur manière d'appréhender ce monde si différent du leur.
L'Afrique change les personnages, les marque. Et c'est vraiment intéressant de voir comment.
De plus, l'histoire nous permet aussi d'observer la transformation des liens familiaux.
Et enfin, le livre a une valeur historique, retraçant la dure lutte de l'indépendance entreprise par le peuple du Congo belge. Je ne savais que cela avait été si laborieux, ni l'importance si malsaine des États-Unis.
Je tiens d'ailleurs à rappeler, au passage, l'étendue des massacres actuels, que l'actualité de nos pays passe totalement sous silence.

En revenant au livre, j'ajouterai une autre dimension abordée, donnée par le temps écoulé : celle de réussir ou non sa vie. Quelle fille de ce missionnaire a le plus réussi sa vie ? Je ne crois pas qu'il y a de réponse, ou plutôt de bonne réponse.

J'ai donc adoré ce livre qui m'a transportée et qui permet une lecture à plusieurs niveaux. Je n'en ai parlé que de quelques-uns, mais d'autres sujets de réflexion sont traités : le pardon, l'ambiguité des mots et des langages, etc.


mardi 15 décembre 2015

"L'attentat" de Yasmina Khadra

J'ai continué à descendre la pile de livres de Yasmina Khadra prêtés par une amie. Cette fois-ci avec "L'attentat" paru chez Pocket.

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Titre : "L'attentat"
Auteur : Yasmina Khadra
Genre : récit
Editeur : Pocket
Parution : 2006 / 246 pages
ISBN : 978-2-266-16269-2


Ce qu'en dit l'éditeur : "Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat.

Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme.

Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien..."


Avis : Ce livre m'a bouleversée, captivée. Il est petit, comme "Cousine K", mais se suffit à lui-même. Cette fois, je n'ai pas eu une impression d'inachevé, je ne suis pas restée sur ma faim.
Le prologue ou l'introduction est tout simplement saisissant. Cette description d'un attentat qui vient de se réaliser... dur et poignant. Les phrases ont résonné en moi. Certainement que les évènements des dernières semaines n'y étaient pas étrangers.

Durant toute l'histoire, nous suivons la quête d'Amine. L'histoire peut se lire à plusieurs niveaux : celui du conflit israélo-palestinien, l'embrigadement par la religion ou la relation qu'il peut exister dans un couple.
J'ai trouvé les remarques et réflexions de l'auteur très justes, pertinentes.

Durant ma lecture, je voulais noter des passages que je voulais retranscrire ici. Je ne vous en livre que quelques-uns, car, si je m'étais écoutée, je vous aurais presque citer le livre en entier !

"Ce n'est pas la première fois qu'un attentat secoue Tel-Aviv, et les secours sont menés au fur et à mesure avec une efficacité grandissante. Mais un attentat reste un attentat. A l'usure, on peut le gérer techniquement, pas humainement. L'émoi et l'effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l'horreur frappe, c'est toujours le cœur qu'elle vise en premier."

"Je hais les guerres et les révolutions, et ces histoires de violences rédemptrices qui tournent sur elles-mêmes telles des vis sans fin charriant des générations entières à travers les mêmes absurdités meurtrières sans que ça fasse tilt ! dans leur tête. Je suis chirurgien ; je trouve qu'il y a suffisamment de douleur dans nos chairs pour que des gens sains de corps et d'esprit en réclament d'autres à tout bout de champ." [Amine]

"Tous les drames sont possibles lorsqu'un amour-propre est bafoué. Surtout quand on s'aperçoit qu'on n'a pas les moyens de sa dignité, qu'on est impuissant. Je crois que la meilleure école de la haine se situe à cet endroit précis. On apprend véritablement à haïr à partir de l'instant où l'on prend conscience de son impuissance. C'est un moment tragique ; le plus atroce et le plus abominable de tous." [le commandeur]


vendredi 25 septembre 2015

"La Constellation du Chien" de Peter Heller

Depuis 1 an 1/2, je participe avec bonheur à un cercle de lecture, animé par ma libraire (hors pair). J'y participe avec plaisir et découvre, chaque mois, des livres. Pour cette rentrée, nous devions lire "La Constellation du Chien" de Peter Heller, paru aux éditions Babel.

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Titre : "La Constellation du Chien"
Auteur : Peter Heller
Genre : Anticipation
Editeur : Babel
Traduction : Céline Leroy
Parution : juin 2015 - 416 pages
ISBN : 978-2-330-05111-2


Extraits de la 4e de couverture : "Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la Fin de Toute Chose. L'art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cow-boy chatouilleux de la gâchette. Bangley défend la baraque comme un camp retranché. Hig "sécurise le périmètre" à coups de méthodiques vols de surveillance à bord de "la Bête", solide petit Cessna 182 de 1956 toujours opérationnel. Partage des compétences et respect mutuel acquis à force de se sauver mutuellement la vie, ils ont fini par constituer un vieux couple tout en virilité bourrue et interdépendance pudique. Mais l'homme est ainsi fait, tant qu'il est en vie, il continue à chercher plus loin, à vouloir connaître la suite.

A la fois captivant roman d'aventures, grand huit des émotions humaines, hymne à la douloureuse beauté de la nature et révélation littéraire, "La Constellation du Chien" est tour à tour contemplatif et haletant, déchirant et hilarant."


Avis : En premier lieu, j'ai beaucoup aimé la couverture de ce roman post-apocalyptique. Je trouve qu'elle décrit très bien l'ambiance que nous y découvrons à l'intérieur.
Les personnages y sont merveilleusement bien décrits. Pas physiquement car ce n'est pas ce qui importe dans ce livre mais leur trait de caractère sont suggérés avec beauté. Ils acquièrent, de ce fait, une dimension, de l'épaisseur et en deviennent très attachants.

L'anticipation est un genre que j'apprécie beaucoup et, fait rare dans ce genre, ce livre est très bien écrit, donnant un réel bonheur à la lecture. Le style est particulier mais admirable.

Nous prenons connaissance de ce nouveau monde en partageant les pensées du personnages principal. L'action ne prime pas mais cela ne gêne nullement car la psychologie des personnages l'emporte, sans que je n'ai eu le temps de m'ennuyer.

Ce livre se décompose en trois parties, trois phases de ce monde post-apocalyptique. A la fin de la première partie, j'ai versé quelques larmes mais je n'en dis pas plus, je préfère vous laisser le lire.