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mardi 7 février 2017

"L'homme qui savait la langue des serpents" d'Andrus Kivirähk

Le club de lecture a repris du service. Cette fois, ma libraire nous a fait découvrir l'Estonien Andrus Kivirähk avec son livre "L'homme qui savait la langue des serpents".

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Titre : "L'homme qui savait la langue des serpents"
Auteur : Andrus Kivirähk
Traducteur : Jean-Pierre Minaudier
Genre : Conte
Editeur : Le Tripode Editions
Parution : 2015 / 470 pages
ISBN : 978-2845639171


Ce qu'en dit l'éditeur : Une fresque inspirée des sagas scandinaves, se déroulant à une époque médiévale réinventée et mettant en scène des personnages atypiques : le dernier homme connaissant la langue des serpents qui voit le monde de ses ancêtres disparaître, sa sœur amoureuse d'un ours, une paysanne qui rêve d'un loup-garou, des australopithèques éleveurs de poux...

Grand prix de l'imaginaire 2014.


Avis : En commençant la lecture, je me suis demandé ce que nous avait choisi notre libraire et animatrice du club de lecture. La couverture est étrange à mon goût.  Les premières aventures également.
Une fois intégré le fait qu'il s'agit d'un conte, les aventures rocambolesques ne m'ont plus étonnée.

Tout au long du livre, nous assistons à la fin d'une civilisation entrainant de multiples réflexions amenées par les divers évènements auxquels est confronté le dernier homme. Les hommes "modernes" du village le perçoivent comme un sauvage alors que lui-même n'en revient pas de leur bêtise...
Il assiste avec désarroi à la mort de sa religion pour l'apparition d'une nouvelle où seuls changent les noms.

Ce livre se lit très bien et pousse à la réflexion. La postface du traducteur est très intéressante et peut apporter un nouvel éclairage sur la lecture.

vendredi 4 mars 2016

"L'étrange mémoire de Rosa Masur" de Vladimir Vertlib

J'ai lu "L'étrange mémoire de Rosa Masur" parce que ma libraire organisait une rencontre avec Vladimir Vertlib la semaine dernière. Ce roman est paru dans sa langue originale (autrichien) au début des années 2000 et c'est seulement maintenant, en 2016, qu'il est traduit en français et parait aux éditions Métailié.

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Titre : "L'étrange mémoire de Rosa Masur"
Auteur : Vladimir Vertlib
Traducteur : Carole Fily
Genre : conte
Editeur : Métailié
Parution : 2016 / 420 pages
ISBN : 979-1022601726


Ce qu'en dit l'éditeur : "Pour son 750e anniversaire, la petite ville de Gigricht en Allemagne décide de favoriser l’intégration des étrangers : 5000 marks sont offerts à ceux qui auraient quelque chose d’intéressant à raconter. Rosa Masur, vieille Juive russe à qui on ne la fait pas et dotée d’un sens de l’humour à toute épreuve, se porte candidate. Elle a l’anecdote du siècle.
Un siècle qu’elle a vécu de bout en bout, avec ses révolutions, ses guerres mondiales, ses soubresauts. Petite Juive dans un village biélorusse où les pogroms ne sont jamais loin, jeune fille émancipée dans la Leningrad des années 20, ouvrière dans une usine textile, puis traductrice de l’allemand… Pendant l’interminable siège de la ville, mère de deux enfants, elle fait du bouillon avec la colle du papier peint, alors que ses voisins dévorent leur canari, ou pire ; après la guerre elle doit batailler pour que son fils puisse étudier, l’antisémitisme étant entretemps revenu à la mode.
Sorcières, apparatchiks, soldats, cannibales, passeurs, commères défilent dans une épopée menée tambour battant par une femme extraordinaire, drôle, intelligente, et qui n’a pas froid aux yeux. Même face à Staline.
Vladimir Vertlib écrit là un grand roman russe, énergique, fascinant, qui vous emporte à sa suite aussi sûrement que le cours de l’Histoire."


Avis : C'est un livre qu'il fut très intéressant de lire. Le personnage de Rosa Masur est haut en couleur.
L'histoire suit deux trames, le présent et le passé, qui s'entrecroisent. Dans l'une, Rosa Masur se transforme en Shéhérazade pour raconter la seconde. Chaque partie de sa vie contée constitue en elle-même une histoire. Le livre est riche d'anecdotes. J'ai beaucoup aimé les découvrir et me plonger dans l'univers de Rosa Masur.

J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur la semaine dernière lors d'une entrevue organisée par ma libraire. Ecouter Vladimir Vertlib fut très instructif. Il a quitté l'Union soviétique lorsqu'il avait cinq ans et a vécu dans plusieurs pays avant que ses parents ne s'installent en Autriche. Sa grand-mère était restée là-bas. Alors qu'il avait une vingtaine d'années, elle lui a raconté sa vie qu'il a enregistré sur cinq cassettes. Il a retranscrit ces enregistrements. Ce travail a donné 70 pages. Il savait qu'il en ferait quelque chose, mais plus tard. Il s'en est fortement inspiré pour créer le personnage de Rosa Masur même si cette dernière s'est émancipée puisque ses péripéties tiennent dans un livre de plus de 400 pages.
De cet entretien, j'ai également retenu ses premiers pas d'écrivain alors qu'il avait 13/14 ans. A ce moment, il habitait aux Etats Unis et avait affaire avec le personnel du service de l'immigration. Certaines personnes étaient fort antipathiques et il s'imaginait les raisons de ce comportement. Il écrivait alors leur histoire. Ainsi, l'une d'entre elle avait de l'eczéma sur ces jambes et, assise à son guichet, elle ne pouvait remonter sa jupe pour se gratter. Ce désagrément la rendait alors insupportable vis-à-vis des gens qu'elle recevait.


mardi 10 novembre 2015

"Dans les eaux du lac interdit" de Hamid Ismaïlov

Pour le cercle de lecture du mois de novembre, ma libraire nous a proposé de lire "Dans les eaux du lac interdit" de Hamid Ismaïlov, paru aux éditions Denoël. C'est ce que j'aime avec ses choix de lecture, elle nous fait découvrir des auteurs dont je ne soupçonnais pas l'existence.

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Titre : "Dans les eaux du lac interdit"
Auteur : Hamid Ismaïlov
Traducteur : Héloïse Esquié
Genre : conte
Editeur : Denoël
Parution : 2015 / 126 pages
ISBN : 978-2-207-12592-2


Ce qu'en dit l'éditeur : "Il est interdit de se baigner dans le lac, les anciens parlent depuis toujours du danger des radiations. Seul Yerzhan, persuadé de sa chance insolente, s'y risque.

Un voyageur anonyme a pris place à bord d'un train pour un interminable voyage à travers les steppes kazakhes. Le train s'arrête dans une toute petite gare et un garçon monte à bord pour vendre des boulettes de lait caillé. Il joue Bramhs au violon de manière prodigieuse, sortant les passagers de leur torpeur. Le voyageur découvre que celui qu'il avait pris pour un enfant est en fait un homme de vingt-sept ans. L'histoire de Yerzhan peut alors commencer...

A travers ce conte envoûtant, l'auteur nous livre une parabole glaçante sur la folie destructrice des hommes et la résistance acharnée d'un jeune garçon qui voulait croire en ses rêves."


Avis : Je me suis laissée emportée par la lecture de ce conte. J'étais semblable au voyageur dans le train, avide de connaître l'histoire de cet homme qui parait être un enfant. Que lui était-il arrivé ?
Et nous voilà transportés dans un monde aride, sauvage, mais tout de même chaleureux et plein de vie. Les personnages sont bien brossés, je les ai imaginés sans peine.

Les explosions qu'ils entendent au loin semblent, justement, lointaines alors qu'elles vont impacter de manière irrémédiable leurs vies.

Cette histoire est l'occasion pour l'auteur de brosser un tableau de la vie dans ces contrées et par là même les caractères des hommes. Il m'a captivé sans problème.

De nombreuses chansons parsèment le texte et j'aurais bien aimé en connaître le rythme. Je me suis contentée de celle du texte.

Pour découvrir un peu le décor et laisser votre imagination s'envoler, voici un extrait : "Pour quelqu'un qui n'a jamais vécu dans la steppe, il est difficile de comprendre comment il est possible de survivre au milieu d'un tel désert. Mais ceux qui y vivent depuis des générations savent que la steppe est riche et changeante. Que le ciel au-dessus est multicolore. Que l'air tout autour est fluide. Que la végétation est variée. Que les animaux qui la parcourent et la survolent sont innombrables."